À l’ère du multimédia, entre réseaux sociaux et selfies, les femmes subissent plus que jamais la stigmatisation. En France, l’image de la femme parfaite colle aux codes occidentaux les plus rigides et la sanction sociale frappe vite celles qui ne rentrent pas dans le moule. Les conséquences sont concrètes : insultes, harcèlement, isolement… Les femmes paient un prix élevé. Pourtant, les chiffres sur le poids moyen des Françaises balaient bien des idées reçues.
Poids moyen pour les femmes en France : l’IMC moyen des Français est de 23,3
Le corps féminin en France vit sous surveillance constante. Taille 36, 38, 42 ou 44 : à chaque chiffre son lot de jugements silencieux. Trouver une jupe au-delà du 40 tient parfois du parcours du combattant. Les réseaux sociaux imposent, inlassablement, des images de mannequins à la « silhouette parfaite » qui s’érigent en mesure universelle, creusant la frustration et les complexes.
C’est en 2016 que ClicknDress E-Commerce a lancé sa grande enquête auprès de 52 550 Françaises âgées de 17 à 65 ans, recueillant leur poids et leur taille. Résultat ? En moyenne, une Française mesure 1m65 et pèse 63 kg, soit un IMC de 23,3. Ce chiffre n’a rien d’anodin : il colle à la définition médicale d’une bonne santé.
Calculez votre IMC !
Pour celles et ceux qui veulent évaluer leur corpulence à la lumière des repères officiels, voici comment lire la valeur de l’IMC :
| moins de 16,5 | Dénutrition |
| 16,5 à 18,5 | Insuffisance pondérale |
| 18,5 à 25 | Corpulence normale |
| 25 à 30 | Surpoids |
| 30 à 35 | Obésité modérée |
| 35 à 40 | Obésité sévère |
| plus de 40 | Obésité massive ou morbide |
La population féminine française est loin des clichés
Difficile de voir disparaître le cliché de la Française mince, gracieuse, taille de guêpe et toujours tirée à quatre épingles. Réduire l’élégance hexagonale à une silhouette filiforme n’a pourtant rien à voir avec la réalité. L’étude ClicknDress vient rappeler que le corps des Françaises ne se limite pas à la fiche idéale des magazines.
Les chiffres le prouvent : la morphologie la plus courante reste le fameux « A », avec 25,8 % des femmes ayant des hanches plus larges que les épaules. Suivent la morphologie en V pour 23 % et en H pour 22,3 %. La célèbre silhouette en 8, celle dont tout le monde parle et qui écrase Instagram, ne concerne finalement que 18,6 % des Françaises, principalement chez les plus jeunes.
Les Françaises face à la pression sociale
Les courbes féminines restent souvent sous-représentées dans l’Hexagone. En 2019, une enquête Ifop menée auprès de 5 000 femmes européennes met le malaise en lumière : seules 22 % des Françaises se trouvent belles, et près de 6 sur 10 se dévalorisent dans le miroir. Pourtant, leur taux d’obésité est inférieur à celui observé en Allemagne ou en Angleterre.
L’autodépréciation va loin : 29 % jugent leur partenaire plus attirant qu’elles-mêmes, jusqu’à s’imaginer ne pas le mériter. Un ressenti qui s’atténue chez les femmes en dehors du surpoids, mais la pression collective, quant à elle, ne faiblit pas. Ces données témoignent d’une réalité persistante : l’estime de soi se construit encore trop souvent sous le regard des autres.
Le poids : premier filtre de la beauté en France
Certes, les droits des femmes avancent. Pourtant, la façon de juger les corps semble figée. Le poids reste un repère esthétique primordial et le nombre de régimes débutés à l’adolescence ou à l’entrée dans la vie adulte le montre bien. Beaucoup cèdent à la norme parce qu’il faut bien cocher la bonne case sociale.
Un repère symbolique ? Le concours Miss France. Si le règlement officiel ne fixe pas de poids plancher ni de plafond, il exige plus de 1,70 mètre, pas de chirurgie esthétique, pas d’artifices outranciers… Pourtant, à chaque édition, c’est le même scénario : la gagnante coche toutes les cases de la silhouette longiligne fantasmée. Quand, en 2019, une candidate aux formes plus généreuses défie la routine, la toile s’enflamme. Certains applaudissent, d’autres s’en prennent violemment à cette apparition hors-normes, incapables de tolérer la moindre fissure dans le modèle dominant.
Dans les faits, l’IMC moyen des Françaises dessine un tableau rassurant du point de vue de la santé. Mais le spectre de la minceur imposée, lui, demeure. Qu’elle soit mince ou plus ronde, la Française n’a rien à prouver ni à justifier. On aimerait croire que ce constat ne restera pas lettre morte, car à force de ressasser les mêmes codes, la société avance à reculons. Qui remettra enfin la norme à sa juste place ?

